Algeria passes law declaring French colonisation a crime

Algérie : La loi criminalisant la colonisation française adoptée, un tournant historique

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L’Algérie vient de franchir une étape majeure en adoptant un projet de loi déclarant la colonisation française, de 1830 à 1962, comme un crime contre l’humanité. Cette décision, votée par le Parlement algérien, vise à obtenir des excuses officielles et une reconnaissance des atrocités commises par la France, incluant massacres, tortures et déplacements massifs. Ce texte, structuré en cinq chapitres et 27 articles, s’appuie sur le droit international pour exiger réparation, ravivant les tensions historiques entre Alger et Paris.

Contexte historique de la colonisation

La colonisation française en Algérie a duré 132 ans, marquée par des violences systématiques dès les premières conquêtes. Les estimations font état d’un million et demi d’Algériens tués rien que pendant la guerre d’indépendance de 1954 à 1962, avec des milliers de disparus et des millions de déplacés. Au-delà de ce conflit, des campagnes de répression ont causé des centaines de milliers de morts supplémentaires, via massacres, batailles et méthodes génocidaires.

Chiffres et faits marquants

  • Réduction démographique drastique : La population algérienne a chuté de 58% dans les phases initiales de l’occupation, due à des tueries organisées, famines induites et destructions de villages.

  • Massacre de Dahra (1845) : Des centaines de civils asphyxiés dans des grottes par les troupes françaises, illustrant les exactions courantes.

  • Guerre d’indépendance : Près de deux millions de civils internés dans des camps, avec usage de torture systématique, d’armes chimiques et biologiques.

  • Essais nucléaires sahariens : Menés par la France, ils ont laissé des séquelles radiologiques durables sur la santé des populations.

  • Pillage économique : Plus de 110 tonnes d’or et d’argent dérobées, estimées à 180 milliards de dollars actuels.

En 2018, la France a admis l’usage systématique de la torture, mais sans excuses complètes ni réparations, alimentant le ressentiment algérien.

Détails du projet de loi

Ce texte législatif, débattu au Parlement algérien depuis fin novembre, qualifie explicitement la période coloniale de “crimes contre l’humanité”. Il invoque la responsabilité historique et juridique de la France sur le plan international. Les parlementaires algériens soulignent que cette loi n’est pas une vengeance, mais un acte de souveraineté morale pour honorer les victimes.

Le président du Parlement, Ibrahim Boughali, a qualifié cette adoption de “suprême acte de souveraineté” et de “position morale”, fidèle au sacrifice des martyrs. “Il s’agit d’une cause nationale entière, non dirigée contre des personnes, mais exigeant justice pour des crimes imprescriptibles”, a-t-il déclaré. Des historiens et experts algériens appuient cette initiative, réclamant des excuses pour les violences, y compris les essais nucléaires et les massacres.

Réactions en Algérie

En Algérie, l’accueil est unanime parmi les législateurs, historiens et médias. Des outlets comme AL24 News présentent la loi comme un pas vers la justice historique, dans un contexte de relations tendues avec la France. Les soutiens transcendant les clivages politiques, voyant dans ce texte une réconciliation par la vérité et la reconnaissance. “Criminaliser le colonialisme est un devoir national”, affirment plusieurs voix, reliant cette loi à la mémoire collective des 132 ans d’occupation.

Réactions internationales et françaises

Aucune réaction officielle immédiate de Paris n’a été enregistrée au moment de la publication, mais ce vote risque d’exacerber les frictions bilatérales déjà vives. Des sources russes, comme le ministère des Affaires étrangères, ont rappelé la “responsabilité historique et juridique internationale” de la France pour ses crimes en Algérie. Des analyses internationales, telles que celles d’Al Jazeera et Press TV, soulignent que cette loi ravive un débat sur la mémoire coloniale, potentiellement bloquant les négociations sur les archives et les indemnisations.

En Europe, des articles évoquent un “retour de bâton historique”, tandis que des historiens rappellent des faits peu connus comme le pillage systématique en Algérie. Cette mesure s’inscrit dans une vague plus large de réexamen des héritages coloniaux, similaire à d’autres initiatives africaines.

Implications géopolitiques

Cette loi pourrait compliquer les relations franco-algériennes, déjà marquées par des désaccords sur les visas, l’énergie et la mémoire. Alger insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de revanche, mais d’un préalable à une réconciliation authentique. Des experts prévoient des débats intenses au niveau de l’ONU, où la qualification de “crime contre l’humanité” pourrait ouvrir la voie à des poursuites symboliques.

Sur le plan intérieur, elle renforce l’unité nationale autour de la question mémorielle, dans un pays où la guerre d’indépendance reste un pilier identitaire. Économiquement, elle pourrait influencer les investissements français en Algérie, premier fournisseur gazier de l’Europe.

Vers une reconnaissance mutuelle ?

Malgré les tensions, des voix algériennes appellent à un dialogue post-loi, conditionné à des excuses françaises. La France, sous pression internationale croissante sur son passé colonial, pourrait être forcée à une introspection plus profonde. Des précédents comme l’admission de la torture en 2018 montrent une évolution timide, mais insuffisante pour Alger.

Cette adoption intervient dans un contexte mondial où les anciennes puissances coloniales font face à des demandes de réparation, de l’Afrique à l’Asie. Pour l’Algérie, c’est un acte libérateur, affirmant que la vérité historique prime sur les convenances diplomatiques.

En somme, cette loi marque un jalon dans la quête de justice post-coloniale. Elle oblige le monde à confronter les faits : 1,5 million de morts, des génocides localisés, un pillage massif. L’avenir des relations algéro-françaises en dépendra.

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