France finance l’aide du PAM pour les réfugiés ougandais et la nutrition
La France a annoncé un financement crucial au Programme Alimentaire Mondial (PAM) pour venir en aide aux réfugiés en Ouganda, lors d’une cérémonie à Kampala le 27 novembre 2025. Cette contribution permettra d’assister plus de 70 000 personnes en 2026, dont 40 000 réfugiés récemment arrivés fuyant les conflits dans la région des Grands Lacs. L’initiative cible l’insécurité alimentaire, la malnutrition et l’éducation dans un pays qui accueille près de 2 millions de réfugiés.
Contexte humanitaire en Ouganda
L’Ouganda est le premier pays hôte de réfugiés en Afrique, avec 1,9 million de personnes accueillies, dont plus de 140 000 arrivées cette année depuis les pays voisins. Malgré une politique d’accueil permissive autorisant le travail et les déplacements libres, les opportunités économiques restent rares pour ces populations vulnérables. Le PAM aide actuellement 660 000 réfugiés via des transferts monétaires et des distributions alimentaires, tout en promouvant l’autonomie à travers l’agriculture régénérative et l’alphabétisation financière.
Cette aide française intervient dans un contexte de crise de financement aiguë pour le PAM. En mai 2025, l’organisation a dû réduire son assistance de 1,6 million à 662 000 réfugiés, limitant les rations à un bas historique de 22%. Les priorités se concentrent sur les plus vulnérables, avec des catégories à 40%, 22% ou en phase de sortie progressive.
Détails de l’aide financée par la France
Soutien aux nouveaux arrivants
Le financement français permettra de distribuer des biscuits hyper-énergétiques aux points frontaliers, des repas chauds dans les centres de transit et des transferts monétaires pour l’achat de nourriture. Près de 40 000 réfugiés fraîchement arrivés bénéficieront de cette assistance vitale lors de leurs premiers mois en Ouganda.
Lutte contre la malnutrition
L’aide cible particulièrement 3 500 femmes enceintes ou allaitantes et 7 000 enfants dans les centres d’accueil, où les taux de malnutrition sont alarmants. Le PAM promeut des recettes locales nutritives comme le METU 1, un mélange de sorgho, arachides, sucre et huile pour traiter la malnutrition aiguë modérée. Dans le pays, un enfant sur quatre souffre de rachitisme, avec des impacts durables sur l’apprentissage et la productivité future.
Repas scolaires en Karamoja
Dans le district de Nakapiripirit, en région Karamoja, 20 000 élèves de 33 écoles recevront des repas quotidiens nutritifs. Cette zone voit 85% de sa population vivre dans la pauvreté extrême, et trois quarts des écoliers sans accès à un repas scolaire. Ce programme améliore la fréquentation scolaire, réduit le décrochage – surtout chez les filles – et relie les écoles aux agriculteurs locaux, y compris les groupes dirigés par des femmes.
Déclarations des responsables
Lauren Landis, directrice du PAM en Ouganda, a salué cette contribution : elle arrive à un moment critique face aux défis de financement, permettant de sauver des vies, de stimuler les économies locales et de prévenir la malnutrition de manière proactive via des aliments nutritifs durables.
L’ambassadeur de France, Virginie Leroy, a exprimé la fierté de son pays pour cette aide : elle reflète l’engagement contre l’insécurité alimentaire et soutient la politique exemplaire d’accueil ougandaise. Elle a insisté sur les repas scolaires qui boostent l’énergie pour apprendre et renforcent les systèmes alimentaires communautaires.
Autres contributions et défis persistants
La France n’est pas seule : l’Union européenne a récemment financé la sécurité alimentaire pour 12 600 réfugiés et 5 400 communautés hôtes, tandis que le Danemark aide 80 000 nouveaux arrivants. Paris avait déjà versé 200 000 euros via son ambassade pour les besoins alimentaires urgents.
Malgré ces efforts, la crise humanitaire globale en 2025 pèse lourd. Les appels à l’aide humanitaire ont doublé ces dernières années, mais les fonds couvrent souvent moins de la moitié des besoins. En Ouganda, la récatégorisation des bénéficiaires en mai 2025 vise à optimiser les ressources limitées.
Perspectives pour la résilience à long terme
Ce partenariat franco-ougandais via le PAM met l’accent sur une approche intégrée : secours immédiat et renforcement des capacités. En favorisant l’agriculture locale et la nutrition préventive, il vise à bâtir une résilience durable face aux conflits et aux chocs climatiques. L’Ouganda, avec sa générosité d’accueil, reste un modèle, mais appelle à un soutien international accru pour éviter une détérioration humanitaire.
Cette initiative française illustre un engagement concret pour les plus vulnérables, dans un monde où les crises alimentaires touchent des millions. Les prochaines étapes dépendront de la mobilisation continue des donateurs face à l’urgence persistante.
