Iran exhorte la France, le Royaume-Uni et les États-Unis à des mesures concrètes pour restaurer la confiance
L’Iran appelle la France, le Royaume-Uni et les États-Unis à adopter des « mesures pratiques et crédibles » pour reconstruire la confiance diplomatique, au milieu d’une escalade nucléaire marquée par la réimposition de sanctions ONU en septembre 2025. Cette déclaration du ministère iranien des Affaires étrangères fait suite à l’activation du mécanisme « snapback » du JCPOA par le trio européen E3 (France, Royaume-Uni, Allemagne), qui a ramené des restrictions levées il y a dix ans. Téhéran a rappelé ses ambassadeurs de ces capitales le 27 septembre, signalant une rupture temporaire dans les pourparlers.
Chronologie des tensions nucléaires récentes
Le « snapback », déclenché en août 2025 par l’E3, est entré en vigueur le 28 septembre après des rapports de l’AIEA confirmant des non-conformités iraniennes, dont des capacités nucléaires cachées. Ce mécanisme de l’accord de 2015 (JCPOA, P5+1 : E3+USA, Chine, Russie, UE) rétablit les interdictions sur l’enrichissement d’uranium et les missiles balistiques pré-2015. Les États-Unis, sous Trump 2.0, soutiennent cette mesure malgré l’absence d’un nouvel accord-cadre en 2025.
L’AIEA a adopté une résolution en juin 2025, accusant l’Iran de dissimulation, tandis qu’Israël a frappé des sites iraniens, provoquant des appels français à la retenue. Historiquement, le retrait américain de 2018 sous Trump a lancé la politique de « pression maximale », halvant initialement les exportations pétrolières iraniennes.
Rappel des ambassadeurs et contexte régional
Le 27 septembre, l’Iran a rappelé ses envoyés en France, au Royaume-Uni et en Allemagne en riposte « défiante ». Ces tensions s’entremêlent à des conflits proxys : Houthis au Yémen, Gaza et soutien russe en Ukraine, avec la Chine ignorant les sanctions pétrolières.
Déclarations officielles des parties prenantes
Le président iranien Pezeshkian a exclu un retrait du TNP malgré les sanctions, tout en réaffirmant des droits nucléaires pacifiques et une ouverture aux négociations post-cessez-le-feu. Le ministre Abbas Araghchi a insisté sur des gestes concrets des E3+USA pour relancer la diplomatie.
Du côté français, le ministre Jean-Noël Barrot a déclaré en juin 2025 : « L’Iran doit prendre des mesures de renforcement de la confiance… un renversement crédible de son programme nucléaire. » Emmanuel Macron, dès juillet 2024, a plaidé pour un arrêt de l’escalade nucléaire, un soutien russe réduit en Ukraine et la libération d’otages afin d’améliorer les liens.
L’E3 a affirmé le 29 septembre : « Nous continuerons à poursuivre les canaux diplomatiques » malgré le snapback, convoquant les envoyés iraniens pour « actions irresponsables ». L’envoyé américain Steve Witkoff a qualifié le snapback de « remède approprié », ouvert aux pourparlers sans intention de nuire. Trump 2.0 met en garde contre le soutien houthis tout en sondant des négociations nucléaires.
| Acteur | Déclaration clé | Date |
|---|---|---|
| Iran (Pezeshkian) | Pas de retrait TNP, droits pacifiques | Sep 2025 |
| France (Barrot) | Mesures de confiance nucléaire | Juin 2025 |
| E3 | Poursuite diplomatie | 29 sep 2025 |
| USA (Witkoff) | Snapback justifié, ouvert aux talks | Sep 2025 |
Réactions internationales et analyses
Téhéran perçoit les sanctions comme « nulles et non avenues », soutenu par la Russie. L’Europe, via Barrot, note une « volonté iranienne de reprendre les discussions incluant les USA sous condition de cessez-le-feu ». Israël, par Netanyahu, refuse tout délai au snapback et menace de nouvelles frappes.
La Chine défie les interdictions pétrolières, tandis que des experts doutent de l’exécution effective du snapback. Les relations franco-iraniennes, historiquement pragmatiques, pâtissent de ces frictions, avec la France priorisant la diplomatie face aux risques régionaux.
Liens avec les crises régionales
Les enjeux nucléaires s’articulent à des proxies : Houthis, Gaza et Ukraine. Macron lie la désescalade nucléaire à une réduction du soutien iranien à Moscou et à des libérations d’otages, illustrant une approche globale.
Enjeux économiques et stratégiques
Aucune statistique récente précise l’impact des sanctions réimposées, mais la « pression maximale » 2018-2025 a divisé par deux les exportations pétrolières iraniennes initialement. Les mesures UN visent missiles et uranium, complétées par des sanctions unilatérales E3/USA sur les ventes d’or noir.
Pour l’Iran, ces restrictions exacerbent les pressions internes ; pour l’Occident, elles contrent une prolifération perçue. La France, via son Quai d’Orsay, maintient un dialogue malgré les rappels d’ambassadeurs.
Perspectives diplomatiques et européennes
Ce bras de fer questionne la viabilité du JCPOA post-2018 : sans nouveau cadre, le snapback isole Téhéran sans garantir un plafonnement vérifiable. L’Europe pousse la diplomatie, évitant l’escalade militaire malgré les frappes israéliennes.
La déclaration iranienne ouvre une fenêtre : des gestes concrets – allègements unilatéraux ou inspections AIEA – pourraient relancer les pourparlers. Cependant, les divergences persistent : Téhéran rejette l’arme nucléaire, l’E3 exige des caps vérifiables.
| Indicateur | Détail | Source |
|---|---|---|
| Snapback activé | Août 2025, effet 28/09 | |
| Export pétrole impact | Halvé 2018-2025 | |
| Résolution AIEA | Juin 2025, non-conformité | |
| Rappel ambassadeurs | 27/09/2025 (E3) | |
Implications pour la stabilité régionale
Cette crise relie nucléaire à géopolitique : sanctions UN renforcent la posture russe-chinoise pro-iranienne, tandis que l’E3+USA unissent pour contenir Téhéran. La France, pivot européen, appelle à la retenue, conscient des risques d’un conflit élargi.
À long terme, sans concessions mutuelles, l’impasse risque de perdurer, minant la non-prolifération globale. L’appel iranien à des « pas crédibles » pourrait catalyser un dégel, si Paris, Londres et Washington saisissent l’opportunité.
