Jafar Panahi : Le réalisateur iranien en campagne pour les Oscars avec la France
Le réalisateur iranien Jafar Panahi, plusieurs fois censuré et emprisonné, est sous les projecteurs internationaux avec son film “Un simple accident”, Palme d’Or au Festival de Cannes 2025. Ce long-métrage est la candidature officielle de la France pour l’Oscar du meilleur film international aux Oscars 2026. La campagne de Panahi, marquée par une tournée de promotion aux États-Unis, est aussi une revendication politique forte face aux restrictions iraniennes sur son œuvre.
Une candidature historique et symbolique
La sélection officielle de la France
Le Centre national du cinéma (CNC) a choisi “Un simple accident” pour représenter la France à la 98e cérémonie des Oscars, qui se tiendra le 15 mars 2026 à Los Angeles. C’est la première fois que Jafar Panahi concourt aux Oscars, grâce à la coproduction française du film, ce qui lui permet de respecter les règles de l’Académie pour la candidature aux prix internationaux « Un simple accident ».
Le film raconte une histoire complexe où un ancien tortionnaire se confronte à ses anciennes victimes, enfermées pour avoir défendu les droits des femmes et l’égalité salariale, explorant ainsi des dilemmes moraux profonds. Le tournage s’est déroulé en secret en Iran, malgré une intervention des autorités, avec une post-production réalisée en France.
Une œuvre d’une résonance universelle
Pour Panahi, ce film dépasse le simple portrait d’une réalité iranienne. Il s’inscrit dans une démarche humaniste qui témoigne des luttes sociales et politiques de son pays. En dépit des nombreux obstacles, il continue de porter la voix des opprimés à travers le cinéma, illustrant une société en quête de justice et d’espoir.
Les défis personnels de Jafar Panahi
Un cinéaste sous pression
Durant quinze ans, le réalisateur a été soumis à des interdictions et craintes constantes : interdiction de sortir d’Iran levée uniquement en 2023, deux emprisonnements, censure et surveillance permanente. Malgré cela, Panahi continue de travailler clandestinement, défiant les lois de la répression culturelle iranienne.
Il réclame aujourd’hui une réforme des règles de l’Académie des Oscars pour mieux protéger les cinéastes censurés par leur pays et permettre à des œuvres contestataires d’être représentées, une demande qui souligne l’importance politique de sa candidature.
Soutien et promotion
Pour soutenir sa campagne aux Oscars, Panahi a entrepris une tournée américaine qui l’a mené à Los Angeles, New York et à Telluride, signifiant son engagement personnel à défendre ce film et son message malgré les obstacles.
Un film et une campagne au cœur d’enjeux géopolitiques
Face à la censure iranienne
“Un simple accident” est un cri d’alerte sur un système en déclin tel que perçu par Panahi, où les conflits moraux illustrent des tensions plus larges au sein de la société iranienne. Le film, réalisé contre vents et marées, devient le symbole d’une résistance culturelle forte face à l’autoritarisme.
Une portée internationale
En étant choisi par la France comme représentant aux Oscars, le film reçoit une plateforme internationale qui dépasse le simple prix cinématographique. C’est un acte symbolique fort, reconnaissant la portée politique et humaine du travail de Panahi, et renforçant l’image d’un cinéma engagé et militant.
La campagne de Jafar Panahi pour représenter la France aux Oscars 2026 avec “Un simple accident” est aussi un combat artistique et politique. Entre lutte contre la censure et volonté d’élever une voix dissidente, ce projet incarne une résistance culturelle majeure. La reconnaissance internationale de ce film souligne l’importance de protéger la liberté d’expression artistique, tout en éclairant la complexité des réalités iraniennes contemporaines.
