Nouvelle-Calédonie : l’exécutif réussit à mettre un projet politique en discussion

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Les premiers fans de rugby convergent dans une fournaise de fin du monde vers la fan-zone des Champs-Elysées, passé 17 heures vendredi 8 septembre, quand les délégations de Nouvelle-Calédonie sortent d’un palais présidentiel cerné par les bouchons parisiens des grands jours. Eux viennent de se retrouver devant le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, pour parler d’avenir possible : indépendantistes, non-indépendantistes, représentants de l’Etat se sont rassemblés comme en un conseil des ministres autour de la table à l’Elysée. Une heure auparavant, ils avaient fait de même place Beauvau, avec le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin. Une telle réunion de famille n’avait pas eu lieu depuis 2019. Ils se reverront à Nouméa.

Après un an de travaux préliminaires, l’exécutif a réussi à faire venir cette semaine tous les responsables politiques calédoniens à Paris pour entrer, enfin, dans le vif des discussions sur le futur statut du territoire – il faut écrire un projet pour sortir de l’accord de Nouméa de 1998, arrivé à son terme. « On travaille à un accord d’ici à la fin de l’année », a assuré l’Elysée.

Les mots divergent toujours – quand le gouvernement salue des « réunions trilatérales », les indépendantistes réservent ce terme à la négociation à venir. Et le plus dur commence pour des chefs de formations politiques divisées, Union calédonienne (UC) et Palika pour le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) d’un côté, Rassemblement, Loyalistes et Calédonie ensemble, de l’autre : arriveront demain les vraies concessions, la sanction d’une base à qui l’on a trop promis, les coups de poignard des rivaux.

« Une note d’espoir »

Mais après une semaine de discussions sur les institutions et l’économie calédoniennes, deux malades à sauver, « une note d’espoir » sonne, selon Milakulo Tukumuli. Arbitre du congrès calédonien avec les trois sièges (sur 54) de son parti wallisien L’Eveil océanien, il affirme : « On a plus avancé ces derniers jours que ces dernières années. »

« Très clairement, on est passé à une autre étape, de discussion, de négociation. Sur le fond et sur la forme, on a eu de belles avancées aujourd’hui », a salué de son côté la cheffe de file des loyalistes, Sonia Backès, présidente de la province Sud et par ailleurs secrétaire d’Etat à la citoyenneté. A droite toujours, Le Rassemblement, par la voix de Virginie Ruffenach, estime qu’« un cap a été franchi » et salue « une démarche saine, claire et sincère »« La machine est enclenchée, on va arriver à un consensus entre nous », jure aussi Philippe Gomès, de Calédonie ensemble. « Il fallait que l’Etat nous aide pour avancer, il l’a fait avec une méthode, un projet et un calendrier », résume son collègue Philippe Dunoyer, à la fois membre de Calédonie ensemble et député Renaissance.

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