
Sur Netflix, quatre fois Roald Dahl par Wes Anderson
Désormais disponibles en intégralité sur Netflix, quatre formats courts signés Wes Anderson, tirés des nouvelles de l’écrivain britannique Roald Dahl (1916-1990), se révèlent plus qu’une simple récréation, ou même un pas de côté, de la part du dandy texan. Mis bout à bout, ils dessinent un ensemble cohérent, dont la durée avoisine celle d’un long-métrage. En leur qualité d’abrégés, ils fonctionnent comme autant de petits laboratoires de fiction. Chacun ouvre, à sa façon, le capot de la fabrique du cinéaste, montrant en quoi son style modéliste, souvent caricaturé en termes de « maison de poupées », tient beaucoup plus du théâtre de tréteaux et de machines.
Introduite à chaque fois par Ralph Fiennes dans la peau de l’écrivain, enfoncé dans son fauteuil de travail, charentaises aux pieds et crayon à la main, l’anthologie se décline comme suit. Le plus long volet, La Merveilleuse Histoire de Henry Sugar, déroule un récit à tiroirs, où un riche oisif développe une méthode pour voir les paupières fermées après sa découverte d’un sombre opuscule, biographie d’un phénomène de cirque indien, l’ayant lui-même acquise auprès d’un yogi dans la forêt.
Inspiré d’un fait divers campagnard, Le Cygne décrit le calvaire d’un enfant ornithophile subissant les brimades de deux chasseurs imbéciles. Le Preneur de rats croque un dératiseur s’identifiant à la perfection aux rongeurs qu’il extermine. Enfin, Venin, huis clos angoissant, montre un homme immobilisé sur son lit par un serpent bongare glissé sous la veste de son pyjama. Le tout interprété par l’une de ces troupes cinq étoiles dont le cinéaste est coutumier, dont Benedict Cumberbatch, Ben Kingsley, Rupert Friend, Richard Ayoade et Dev Patel.